Ostéopathie du sportif : préparation, récupération, retour au sport

Une blessure de sportif est rarement un accident isolé. Elle survient là où le corps compensait déjà, au moment où la charge dépasse ce que la zone pouvait absorber. Le travail consiste à rendre sa mobilité au segment concerné, puis à chercher ce qui, en amont, a fait porter tout l'effort au même endroit.

Avant l’effort

La préparation ne consiste pas à assouplir tout ce qui peut l’être. Il s’agit de vérifier que les zones qui doivent bouger bougent, et que celles qui doivent tenir tiennent. Une cheville raide fait travailler le genou. Une hanche verrouillée fait travailler le bas du dos. Ces reports ne se voient pas tant que la charge reste modérée.

Pendant la saison

C’est le moment des douleurs qui s’installent sans blessure franche. Une gêne au tendon d’Achille qui revient à chaque sortie longue. Une épaule qui tire en fin de série. Un genou qui parle dans les descentes.

Ces signaux méritent d’être écoutés tôt. Une tendinopathie prise dans les premières semaines se règle en général bien plus vite qu’une tendinopathie installée depuis six mois.

Après une blessure

Une entorse de cheville qui a bien cicatrisé peut laisser derrière elle une articulation qui ne récupère jamais tout à fait sa mobilité. Le corps s’organise autour, et deux ans plus tard c’est le genou ou la hanche du même côté qui se manifeste.

Le retour au sport se prépare progressivement. Je travaille sur ce qui reste limité, et nous regardons ensemble à quelle allure reprendre.

Les motifs fréquents

Tendinopathies d’épaule et du tendon d’Achille, sciatiques, douleurs sacro-iliaques, syndrome rotulien, périostite, entorses de cheville récentes ou anciennes, contractures à répétition sur le même groupe musculaire.

Ce que l’ostéopathie ne fait pas

Elle ne répare pas une lésion tissulaire et ne remplace pas un avis médical devant un traumatisme aigu. Devant une suspicion de fracture, de rupture tendineuse ou de lésion ligamentaire complète, l’imagerie et le médecin passent avant tout le reste.

Consultez un médecin avant de venir si

  • Douleur immédiate et intense après un traumatisme, avec impossibilité d'appui ou déformation visible
  • Gonflement important et chaleur locale dans les heures qui suivent
  • Perte de force franche, ou sensation de lâchage de l'articulation
  • Douleur thoracique, essoufflement inhabituel ou malaise à l'effort

Questions fréquentes

Faut-il arrêter le sport ?
Pas systématiquement. Selon ce que je trouve, on adapte plutôt qu'on arrête : volume, intensité, geste. L'arrêt complet a aussi un coût, physique et moral.
Quand consulter, avant ou après une compétition ?
Les deux se conçoivent, mais pas au même moment. Un travail de fond se fait à distance de l'échéance. Dans les jours qui précèdent, on reste sur du léger, sans rien changer à ce que le corps connaît.
Est-ce que ça remplace la kinésithérapie ?
Non, les deux ne font pas le même travail et se complètent souvent. La rééducation d'une lésion identifiée relève du kinésithérapeute, sur prescription.

Écrit par Déborah Serezo, Ostéopathe D.O.(RPPS 10100814911). Page revue le .

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