Douleurs de dos, de cou et d'épaules : ce que l'ostéopathie peut faire
D’où vient la douleur
Le point qui fait mal est rarement celui qui a commencé. Une douleur qui dure raconte le plus souvent une histoire d’habitudes : la même position, tenue longtemps, toujours du même côté, rejouée jour après jour. C’est ce que j’appelle au cabinet les cuisses de la grenouille.
Une lombalgie qui dure peut venir d’une hanche qui a cessé de tourner librement, d’un diaphragme retenu par des mois de respiration courte, ou d’un appui au sol devenu asymétrique après une entorse mal remise. Le corps n’a pas de compartiments. Il redistribue.
Ce que je regarde en séance
Je commence par vous écouter. Depuis quand, dans quelles circonstances, ce qui soulage et ce qui aggrave, ce que vous avez déjà essayé. Ce temps n’est pas de la politesse, c’est ce qui oriente tout le reste.
Vient ensuite l’examen. Mobilité du bassin, du rachis, des côtes, des épaules, des appuis au sol. Je cherche moins la zone douloureuse que les zones qui ne bougent plus et qui obligent la première à travailler pour deux.
Puis le traitement, avec des techniques choisies selon votre morphologie, votre âge et votre tolérance. Et enfin ce que vous pouvez faire chez vous, parce qu’une séance qui ne change rien à vos habitudes ne tiendra pas.
Douleurs du cou, du dos et des membres
Le bas du dos
Lombalgies, lumbagos, douleurs qui descendent dans la fesse ou la cuisse. C’est le motif numéro un, et de loin.
Le lumbago est le plus spectaculaire : un geste anodin, souvent en se relevant ou en se tournant, et le dos se verrouille. C’est impressionnant et c’est rarement grave. Le blocage est une protection, pas une lésion.
La lombalgie qui dure ressemble moins à un accident. Elle s’installe, tolère la marche, réapparaît après une station assise prolongée ou un effort de port. Je regarde alors le bassin, les hanches, le jeu des dernières côtes, et la façon dont vous vous relevez d’une chaise.
Quand la douleur descend dans la jambe, le premier travail est de savoir ce qui descend. Une irradiation qui suit un trajet précis jusqu’au pied, avec des fourmillements ou une perte de force, demande un avis médical avant moi.
Le cou et le haut du dos
Cervicalgies, tensions entre les omoplates, douleurs liées au travail sur écran. Ce ne sont pas de mauvaises postures au sens moral, c’est l’immobilité qui fait mal. Le corps ne tient pas huit heures dans une position, quelle qu’elle soit.
Le motif arrive rarement seul. La nuque raide vient avec une mâchoire serrée, des épaules qui ne redescendent plus, parfois un mal de tête en fin d’après midi qui part de la base du crâne. Ces éléments se tiennent, et les traiter séparément explique pourquoi certaines cervicalgies reviennent toujours.
Le travail sur écran ajoute deux contraintes précises. La tête avance de quelques centimètres devant les épaules, ce qui multiplie la charge que la nuque doit tenir toute la journée. Et la respiration se fait haute, parce qu’un corps concentré ne laisse plus descendre son diaphragme.
Ce que je regarde : la mobilité des cervicales hautes et basses, le jeu des premières côtes, la position des omoplates, et la souplesse de la mâchoire. Ce que je vous demande ensuite tient en deux choses à changer, pas en une liste de dix.
L’épaule
Douleurs de mobilité, gestes qui deviennent difficiles à faire, réveils nocturnes quand on dort du mauvais côté.
Le bassin et le genou
Douleurs sacro-iliaques, gênes qui apparaissent à la marche ou à la montée d’escalier, suites lointaines d’une entorse de cheville.
Les membres
Coude, poignet, main, hanche, cheville. Une douleur de membre vient souvent d’ailleurs : un poignet qui tire depuis des mois raconte parfois une histoire d’épaule, et une cheville raide finit par se lire dans le genou.
Bilan et prévention, sans douleur particulière
On peut consulter sans avoir mal. C’est même le rendez-vous que je préfère, parce qu’il n’y a rien à éteindre avant de pouvoir regarder.
Ce que je cherche alors est différent. Les zones qui ont perdu du mouvement sans que cela fasse encore souffrir, les appuis qui se sont décalés, les compensations prises après une ancienne blessure et jamais reperdues. Le corps les tolère très bien pendant des années, jusqu’au jour où une contrainte de plus fait basculer l’ensemble.
Ce jour là arrive souvent au mauvais moment.
C’est un rendez-vous utile après la reprise d’un sport, après une grossesse, au changement de poste de travail, ou simplement une fois par an quand on sait que son dos a de la mémoire. La séance se termine par deux ou trois choses concrètes à faire chez vous, pas par une liste que personne ne tient.
Ce que je ne fais pas, c’est promettre que cela évitera la douleur. Personne ne peut le promettre. Ce que je peux dire, c’est que je trouve presque toujours quelque chose, et qu’il vaut mieux le trouver sans douleur qu’avec.
Ce que l’ostéopathie ne fait pas
Elle n’agit pas sur une pathologie organique et ne remplace aucun suivi médical. Elle intervient sur les troubles fonctionnels, c’est à dire sur la mobilité et sur les tensions, pas sur la maladie elle même. Quand ce que je trouve dépasse ce cadre, je vous le dis et je vous oriente.
Consultez un médecin avant de venir si
- Douleur apparue après un choc, une chute, un accident de la route
- Fourmillements, perte de force ou perte de sensibilité dans un bras ou une jambe
- Fièvre, perte de poids inexpliquée, douleur qui vous réveille la nuit
- Troubles pour uriner ou pour aller à la selle apparus en même temps que la douleur
- Antécédent de cancer, d'ostéoporose sévère, ou traitement prolongé par corticoïdes
Questions fréquentes
- Combien de séances faut-il ?
- Sur une douleur récente sans complication, l'évolution se juge en deux à trois séances. Au delà, sans amélioration franche, je vous réoriente vers votre médecin plutôt que de poursuivre.
- Est-ce que ça fait mal ?
- Non. Les techniques sont adaptées à votre sensibilité et à votre état du jour. Je vous dis toujours ce que je vais faire avant de le faire.
- Faut-il une ordonnance ?
- Non, l'ostéopathie est en accès direct. Certaines situations demandent tout de même un avis médical en premier, voir les signes ci-dessus.
- Est-ce remboursé ?
- Pas par l'Assurance Maladie. La plupart des mutuelles prennent en charge tout ou partie de la séance, avec un forfait annuel.