Cervicalgies et travail sur écran : ce n'est pas votre posture, c'est l'immobilité

Pourquoi le cou fait mal après des semaines devant un écran, ce qui l'entretient réellement, et les deux ou trois choses qui changent quelque chose au bureau.

Je reçois cette phrase presque chaque semaine : « je dois avoir une mauvaise posture au bureau ». Elle vient toujours avec un peu de culpabilité, comme s’il s’agissait d’un défaut de caractère. Open space, home office, peu importe : la phrase est la même.

Ce n’est pas ça.

Le corps ne tient aucune position huit heures

Il n’existe pas de position idéale qui protégerait d’une cervicalgie si elle est tenue toute la journée. La position parfaite maintenue quatre heures fait mal elle aussi. Ce n’est pas l’angle du cou qui use. C’est l’immobilité.

Un muscle qui travaille en contraction basse et continue finit par manquer d’apport sanguin. Les articulations du cou et du haut du dos, elles, ont besoin de bouger pour rester lubrifiées. Immobiles, elles s’enraidissent, et le mouvement suivant coûte plus cher.

Pourquoi ça commence rarement au cou

Quand une patiente arrive avec une cervicalgie de bureau, je regarde d’abord ailleurs.

Le haut du dos, souvent figé en arrondi, qui oblige la nuque à compenser pour maintenir le regard à l’horizontale. Les côtes, qui ne bougent plus beaucoup quand la respiration se fait courte et haute pendant des heures de concentration, et une journée de visios enchaînées est exactement ce genre d’heures. Les épaules, montées vers les oreilles depuis si longtemps que la position est devenue la normale.

Le cou est souvent le dernier maillon, celui qui craque parce que les autres ne travaillent plus.

Ce que je fais en séance

Je rends de la mobilité au segment cervico-dorsal, aux côtes et aux épaules. Je regarde comment vous respirez, parce qu’un diaphragme retenu tire vers le bas tout ce qui s’attache dessus.

Puis nous parlons de votre poste. Pas pour vous vendre un fauteuil, mais pour identifier les deux ou trois choses qui, dans votre journée, remettent la tension en place. Le sujet n’est pas votre screen time, c’est ce que votre corps fait pendant.

Les trois choses qui changent quelque chose

Bouger toutes les quarante minutes. Se lever, marcher jusqu’à la fenêtre, tourner la tête d’un côté puis de l’autre. Trente secondes suffisent, le temps d’un café. C’est plus efficace que n’importe quel réglage de siège, et c’est gratuit.

Monter l’écran. Le bord supérieur à hauteur des yeux, pas plus bas. Une pile de livres fait le travail aussi bien qu’un support à quatre-vingts euros.

Respirer plus bas. Trois respirations abdominales lentes, plusieurs fois dans la journée. Cela paraît dérisoire, et pourtant c’est ce qui relâche le plus vite les épaules.

Quand il faut voir un médecin d’abord

Si la douleur a suivi un choc ou une chute. Si vous ressentez des fourmillements ou une perte de force dans un bras. S’il y a de la fièvre, une perte de poids inexpliquée, ou une douleur qui vous réveille la nuit. Dans ces cas, l’avis médical passe avant tout le reste, et je vous y renverrai de toute façon.

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